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Τρίτη 11 Ιανουαρίου 2011

La prison de Diyarbakir reste un vivier pour la guérilla
02.08.10 |
"Qu'a fait mon fils pour se retrouver là ?", gémit Hazime. Cette mère, coiffée du voile de coton blanc traditionnel kurde, est assise sur un banc devant la porte de la prison de haute sécurité de Diyarbakir, réservée aux prisonniers politiques. Kadri militait à l'université et recrutait des jeunes pour les orienter vers la guérilla du PKK. "Un jeune de 15 ans l'a dénoncé l'an dernier, ajoute son ami Lütfü, venu lui apporter sa guitare et des livres. Il n'a pas encore été jugé, mais il sera condamné à six ans, la peine pour appartenance à une organisation terroriste. Heureusement, grâce à la culture du parti et au soutien des amis, son moral est bon."
Sous un toit en tôle qui les protège à peine du soleil de plomb, des dizaines de visiteurs attendent, pour aller voir un père, un fils, une soeur détenus au milieu d'une étendue désertique, à la périphérie de la ville. Le temps de parloir est de quarante minutes. Pas une de plus.
A l'intérieur, les cellules sont pleines à craquer. Il y a deux fois plus de détenus que ne peut en héberger la prison. Depuis décembre, des vagues d'arrestations de militants kurdes, soupçonnés d'appartenir à l'Union des communautés kurdes (KCK), une branche du PKK active dans les villes de Turquie, ont envoyé plus de 1 500 personnes derrière les barreaux. "Mon frère, âgé de 45 ans, est là depuis sept mois, témoigne Ahmet. La police a dit qu'elle l'avait vu entrer dans l'immeuble où se trouve un syndicat. La plupart des gens sont en prison sans véritable raison." "Ils enferment tous ceux qui ont des idées", s'emporte Kibar, dont le discours formaté trahit son appartenance au parti. Son père, arrêté en décembre, a déjà passé dix ans derrière les barreaux pour appartenance au PKK.
"Mon frère a été condamné à dix-neuf ans ferme pour avoir brûlé une moto de police. Il était marié depuis cinq mois", soupire Nazime. "Ici, les enfants apprennent des choses qu'ils ne connaissaient pas, c'est une école de la guérilla", fait remarquer cette jeune femme maigre et nerveuse. A l'intérieur, le PKK organise la résistance, assure l'éducation des jeunes illettrés et la propagande politique. Les ouvrages et les discours d'Ocalan circulent sans mal entre les cellules. La fille d'un maire d'une petite ville de la région, emprisonnée, n'avait pourtant guère le profil d'une "terroriste", selon sa meilleure amie. "Je sais qu'elle sortira de là plus militante et plus engagée dans l'organisation", admet sa mère.

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